lundi 2 octobre 2017

Le Run In Lyon 2017 de Stella : 42,195 km ou rien !

A mon running partner et son tendon capricieux.

Parce que j’en ai bavé toute l’année avec mes tendons (ondes de choc et tout le tralala) ; parce que je ne le sentais pas du tout après un mois de septembre très chargé au boulot ; parce que sans préparation, pour s’enfiler 42 km, il faut avoir un minimum de mental et d’envie et je n’étais pas sûre d’avoir l’envie ; parce que mon running partner revient juste de blessure et toute seule, ce n’est pas pareil ; parce que se lever à 6h un dimanche matin, c’est une grosse dose de violence administrée à une marmotte comme moi … bref, je n’avais pas l’intuition que ce serait une bonne idée de participer à cette course.

Après, j’hésitais entre le plan A (rien du tout, dodo), le plan B (faire le 10 km), le plan C (faire le semi) et le plan D (marathon), puisque mon dossard était celui du marathon, justement. Je pensais qu’il m’ouvrirait toutes les portes. Du coup, je suis allée le chercher, ce fameux dossard (c’était sans engagement), j’ai acheté mes pâtes de fruits de ravito (que je pourrais toujours grignoter à un autre moment), j’ai préparé ma tenue (au pire, on range tout et on fait autre chose) et j’ai choisi de décider en fonction de mon état d’esprit au réveil dimanche matin …

6h : branle-bas de combat, il y a un truc qui sonne à ma droite. Pilote automatique : poser pieds dans pantoufles.

7h30 : métro bondé, quasiment que des coureurs. Ben on va suivre le flux et voir où cela nous mène.

8h45 : direction le sas. Il fait froid, qu’est-ce que je fais là, en plus on va rester debout 3 plombes. Je suis un poil émue, cela dit, punaise, ça ferait 10 marathons si je le termine ? Waouh.

9h15 : départ retardé pour couper l’effectif du sas en deux et fluidifier la course, il semble que nous sommes très nombreux. Je suis dans la 2e moitié du peloton. Le speaker hurle : « Levez les bras si vous êtes heureux ? ». Je grogne intérieurement… naaaan, pas trop.

9h20 : top départ tranquille, je suis bêtement le mouvement. J’ai le cerveau endormi mais je suis consciente de plusieurs choses : j’ai mal aux tendons, mon chouchou se fait la malle, ma ceinture porte-bidons n’arrête pas de tourner, ma chaussette gauche fait un pli ... plein de bonnes sensations, donc.

Km 5 : la ceinture tourne toujours et je m’obstine à la remettre en place, elle a pourtant déjà fait 9 marathons sans problèmes. Je gigote, je la déplace 25 fois de suite sans trouver de position stable, je pense un moment la jeter par terre mais j’ai peur de regretter plus tard mes deux bidons d’eau. Le ticket de métro plan catastrophe, lui, j’arriverai toujours à le mettre quelque part !

Km 10 : je refais ma queue de cheval, yeah, ça va mille fois mieux, je gagne 3 km/h ! Non, c’est une blague. En fait, j’ai super mal aux cuisses, comme de très grosses courbatures. Déjà ? C’est ballot, il en reste 32. Mal barrée, cette aventure …

Km 15 : j’attaque une pâte de fruits. Moi qui m’attendais à quelque chose qui fond dans la bouche et pas dans la main, en fait il faut les mâchouiller avec l’énergie du désespoir, tellement elles sont compactes. Si même les pâtes de fruit sont contre moi, tout va mal. Vivement demain.

Km je ne sais plus combien là où le semi et le marathon se séparent : la dame nous dit « Le 42 à gauche ! ». J’obéis, je ne suis pas contrariante, moi. Mes bidons d’eau me cassent le dos, j’en ai marre de cette ceinture, elle va finir à la poubelle. Penser à en racheter une … pas sur internet, il faudra l’essayer avant … tiens, la fille devant en a une plus petite, vraiment pas mal, elle court plus vite que moi, c’est un signe.

Km 25 : je n’en peux plus, il en reste 17. C’est une grosse randonnée 17 ? Ouais, c’est de la randonnée. Un monsieur me double en me disant : « Allez la gazelle ! ». C’est mignon … je ne me sens pas très gazelle, plutôt éléphante, mais c’est très joli.

KM 28 : le même monsieur que j’avais rattrapé. « Allez miss, plus que 14, c’est une petite sortie ! ». Euh, moi qui ne vais pas au-delà de 10 km par sortie à cause de mes tendons, je traverse un grand moment de solitude mais je souris au monsieur, il est sympa comme tout.

Km 30, ravito : plus que douze, yeah. 12 en rampant, ça passe encore dans le temps limite, ça ? Mais oui, je suis sûre que ça passe. Allez, avance …

Km 34 : j’envoie un SMS très synthétique à mon running partner, fière comme tout. « Km 34 ». Cette grosse truffe a cru que j’avais abandonné au 34e. Je reçois donc une réponse du style : « Yeah, super, génial, bonne récup ! ». Non mais ça ne va pas la tête ? Au km 34, soit on est blessé, malade ou mort, soit on continue ! Mais quel âne … il m’expliquera ensuite qu’il n’aurait même pas imaginé en rêve qu’on puisse envoyer un SMS en courant. Les femmes sont pleines de surprises, voyons.

Km 39 : j’envoie un SMS à mon père. « Km 39, yeah wazou ! ». Je suis devenue la reine des SMS en courant. Je me reprends de volée que je vais me faire enguirlander par ma mère … qui s’attend pourtant tous les ans à la même période à ce que je fasse des folies de mon corps, mais elle pensait que c’était la semaine suivante ! Bon, il me dit de finir tout de même, il est fier.

Km 40 : je me sens pousser des ailes, la sensation que rien ne pourra m’arrêter. Ça commence à sentir bon la 10e médaille et le T-Shirt de finisher. Je renvoie un SMS au running partner, tiens, pour le prix. « Km 40 ». Compris, cette fois ?

Km 42,195 : et bien voilà, je pense même à arrêter ma montre sur ce chrono supersonique de 5 heures 1 minute et 35 secondes. Tant pis, il va falloir s’en contenter mais en fait, je m’en moque, l’essentiel est ailleurs.

Après l’arrivée : c’est un bon chiffre, le 10, je me dis que je n’ai plus rien à me prouver, que je vais peut-être me mettre à la pelote basque pour changer. J’appelle mes parents pour les rassurer sur le fait que je me porte comme un charme, et non, je ne vais pas faire le coup du « coma profond » pendant une heure dans les escaliers du métro comme en 2015. Je vais même déguster une sympathique brioche avant de reprendre tranquillement le chemin de la maison, contente comme tout.
 
Je m’offre une orgie de pain, riz, pâtes, Petits Ecoliers, poulet, jus d’orange et petits pois surgelés (pour les tendons !) au retour chez moi. Si ce n’est pas un signe que tout va bien, ça ! Bon, je ne promets rien pour la pelote basque, donnez-moi une semaine de réflexion sur le sujet, je vous dirai …
 

mercredi 23 août 2017

Trucs et remèdes pour tendons capricieux - version 2017

Voici une petite mise à jour de la boîte à outil de la runneuse aux tendons capricieux. J’avais recensé ces remèdes il y a quelques années et je vous propose une petite mise à jour de tout ce que j’ai testé durant mon périple, avec maintenant le recul de 9 ans de tendinites plus ou moins chroniques, dans mon cas des aponévrosites plantaires aux deux pieds, ne faisons pas les choses à moitié.

Une précision importante, je ne suis pas médecin, je ne fais part ici que de mon expérience personnelle, donc si la liste ci-dessous vous inspire des idées, je compte sur vous pour vous rapprocher tout de même du personnel médical compétent pour vous aider à soigner vos bobos.

  1. Les glaçages : ce n’est pas cher et c’est diaboliquement efficace. J’en use et j’en abuse, jusqu’à 3 x 30 minutes par jour dans les cas de grosses douleurs. Je glace mes tendons avec des sacs de petits pois surgelés recouverts d’un morceau d’essuie-tout pour éviter les brûlures (j’en connais un qui s’est bien cramé la patte en mettant le pack de glace direct dessus, à ne jamais faire !).
  2. Les huiles essentielles en massage quotidien : la recette de cuisine m’a été fournie par Véro (50 gouttes d’huile essentielle de romarin camphré ou d’eucalyptus citronné, 50 gouttes d’huile essentielle de gaulthérie, 50 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée, le tout dilué dans 60 ml d’huile d’amande douce). Ca a le mérite d’avoir un effet anti-inflammatoire et de s’accompagner d’un massage, or un tendon assoupli par des massages se portera toujours mieux qu’un truc tout raide. C’est plutôt efficace en complément des glaçages.
  3. L'homéopathie : j’ai passé des mois à m’enfiler consciencieusement mes petites granules d’arnica, de rhus toxicodendron et de ruta graveolens et franchement, je ne suis pas convaincue.
  4. Le mélange d’extraits liquides de plantes (curcuma, prêle et scrofulaire, 1/3 de chaque) : ça, c’est le truc qui tue qui m’a été proposé par ma pharmacienne pour éviter les anti-inflammatoires de type ibuprofène. C’est carrément immonde, je vous dissuade de servir ça en apéro à vos invités, et c’est d’une efficacité assez moyenne par rapport à des anti-inflammatoires un peu costauds.
  5. L'harpagophytum : j’en ai fait une cure jadis, ça s’est révélé cher et inefficace.
  6. Les compresses de Diclofénac d’une marque bien connue que je ne citerai pas : en cas de grosse crise, sur 24 heures, c’est vraiment un super remède. Il ne faut pas en abuser, mais mes tendons apprécient bien. Ci-dessous, la même idée en moins cher
  7. Les gels anti-inflammatoires (type Diclofénac) : appliqués en couche épaisse avec une compresse qu’on laisse en place toute la nuit, c’est plutôt efficace, je recommande.
  8. Les anti-inflammatoires en comprimés (type ibuprofène) : l’effet est vraiment mitigé. Un tendon qui fait mal, vous pouvez lui filer tous les anti-inflammatoires du monde, ça ne va pas le calmer, sans compter que ça fusille l’estomac. En cas de grosse douleur, mon médecin du sport m’en prescrit de plus forts, qui fonctionnent très bien en traitement d’attaque, mais encore une fois, on ne peut pas en user sur le long terme.
  9. Les semelles de correction : je suis pronatrice, je suis donc équipée des semelles adaptées à mon défaut de posture, que je porte avec des chaussures de running neutres. C’est surtout du préventif pour éviter les récidives mais il y a des inconvénients. Trouver le bon réglage est calamiteux et la mise en route de nouvelles semelles (elles ont une durée de vie de un an seulement) peut s’avérer laborieuse.
  10. Les ondes de choc chez le kiné : le fameux marteau-piqueur qui donne envie d’être partout ailleurs, mais pas sur la table du kiné en train de prendre sa dose de 3000 coups dans des tendons pas contents. C’est ce qui m’a sauvée à l’époque où poser les pieds par terre était une torture. Ça fait mal, mais c’est redoutablement efficace.
  11. Le travail excentrique : en complément des ondes de choc, c’est ce que mon kiné m’avait fait faire sur une machine isocinétique, donc un équipement assez spécial, pour remettre droites les fibres emmêlées de mes aponévroses plantaires. Je ne sais pas combien de séances je me suis enquillées, mais beaucoup, et pour le cas désespéré que j’étais à l’époque, ça a fortement contribué à me remettre sur mes pattes. Seul bémol, tous les kinés n’en sont pas équipés et c’est beaucoup de temps à investir.
  12. Le crochetage chez le kiné : un énorme crochet de boucher pour triturer les tendons, ça vous dit ? Autant être franche, je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie, ça m’a pourri l’existence pendant plusieurs jours et ça n’a pas du tout produit les résultats escomptés, donc je déconseille cette pratique barbare.
  13. Les massages transverses profonds (MTP) chez le kiné : incontournables, douloureux, mais de nature à assouplir les tendons quand ils en sont au point d’être durs comme du bois. L’effet n’est pas immédiat mais je suis convaincue que ça aide bien à traiter le problème, avec d’autres soins en parallèle.
  14. Les ultrasons chez le kiné : en complément des autres soins de kiné, pourquoi pas, mais en soi, ça ne tue pas le mal, c’est dommage, c’est un des seuls soins de kiné qui soit indolore !
  15. L'ostéopathie : j’ai coutume de prendre un rendez-vous tous les 4 mois, ça me semble une bonne idée pour remettre la bête d’équerre. Mais ce n’est pas miraculeux mais c’est un bon préventif ! D’ailleurs, en général, quand je commence à avoir des douleurs baladeuses un peu partout, c’est qu’un rendez-vous ostéo s’impose.
  16. L’étiopathie : un truc qui avait très bien fonctionné sur un collègue atteint du dos, mais pour mes tendons, que dalle malheureusement.
  17. Les soins de physio chez le kiné avec les petites électrodes qui chatouillent pendant 20 minutes alors qu’on potasse un bon magazine : un remède que m’a proposé mon kiné en cas de grosses douleurs qui se réveillent quelques jours avant une course et ça calme vraiment.
  18. Le repos : l’éternelle pomme de discorde avec mon doc et mon kiné … Oui bien sûr, quand on a mal, il vaut mieux se poser 2 minutes, c’est du bon sens, mais pas d’illusion, dans mon cas, le repos seul n’a jamais été miraculeux, le bobo revient dès que je reprends la course.
  19. L’argile verte : une grosse couche étalée là où ça fait mal, emballée dans du film micro-ondes, gardée toute la nuit et rincée dans la douche le matin, tout ça fait son petit effet, en tout cas sur un genou qui grince, c’est parfait. Attention néanmoins à bien faire l’emballage, sinon, on en met partout et c’est immonde.
  20. Les étirements … que j’avais zappés pendant quelques années à mes débuts de coureuse, et c’était une bien mauvaise idée. En préventif, et même en cas de douleur installée, ça vaut vraiment le coup d’y consacrer quelques minutes à chaque sortie, voire chaque jour.
  21. L’échauffement … que j’avais évidemment aussi zappé pendant quelques années à mes débuts de coureuse, et c’était une horrible idée. Ceci dit, maintenant, je suis tellement lente que je peux assimiler une sortie d’une heure à une bonne mise en chauffe.
  22. L’alimentation … point encore non solutionné à ce jour pour moi, j’ai du mal à imaginer une vie faite de fruits et légumes et d’eau fraîche, mais je me soigne.
Je n’ai pas d’expérience des infiltrations, de la mésothérapie, ni du K-Laser, sachez que ça existe mais je ne peux pas vous en parler.

Voilà pour la liste des commissions, à vous de faire votre marché dans ces idées, en espérant que certaines vous soient utiles. Bon courage !

mercredi 5 octobre 2016

Run In Lyon 2016 : le marathon le plus long

C’est curieux comme souvent, les coureurs (et coureuses !) se lancent sur un premier marathon avec pour seul objectif de le finir, et ensuite, ils (et elles !) se challengent sur le chrono pour les suivants et progressent au fur et à mesure. Moi c’est l’inverse, mon premier marathon « juste pour finir, pour la médaille et pour le T-Shirt » fut mon meilleur chrono, et depuis, je pulvérise mon record de durée chaque année. Cherchez l’erreur … et non, je ne cherche pas à rencontrer le conducteur de la voiture balais, je préfèrerais de loin un beau mec en Ferrari. En même temps, avec un plan de préparation à base de 3 sorties d’une heure chaque semaine, il y a une justice : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, c’est bien connu, tout se mérite. Vivre sur ses seules capacités d’endurance, c’est un prix à payer, et avec l’âge (vieux débris en devenir, que je suis), ce sont forcément des minutes en plus. Les puristes vont me lyncher mais est-ce un problème, dès lors que je suis contente de moi, que je m’amuse bien et que je suis toujours en un morceau ? Hein, d’abord ? Je vous le demande … je me le demande parfois aussi.

Ceci dit, je ne le sentais quand même pas terrible, ce Run in Lyon 2016 dont la préparation minimaliste fut ponctuée de plein de turpitudes: boulot, santé, maison, tout y est passé, disons que je me suis fait quelques cheveux gris depuis 6 mois et m’attaquer à 42 km dans ce contexte, j’avais l’intuition que ce serait gratiné … si j’y allais. Parce que bien sûr, jusqu’à la veille, j’hésitais. Je suis toutefois allée chercher le dossard et le sac à dos pliable ... et pas de T-Shirt ? Et non, pour les marathoniens, c’est à l’arrivée, avec la médaille. Diantre, si je veux le T-Shirt, il faut que je me cogne les 42 bornes, c’est dit. Autre fait marquant, mon running partner est blessé, il envisage de participer tout de même mais de s’arrêter avant d’avoir tout cassé, donc nous ne savons pas qui va courir combien, mais on y croit tous les deux !

Le jour J, je me lève et je bouscule mon ours en peluche, il ne se réveille pas … non, je rigole, je me lève difficilement mais je me lève quand même pour rejoindre le lieu du départ, via la tente de mon entreprise qui hébergera nos affaires pendant la course. Avec mon running partner, nous anticipons un peu la marche vers le sas et au final, nous attendrons près d’une heure le départ. Mauvais calcul, j’ai consommé bêtement de l’énergie à essayer de me réchauffer, j’aurais mieux fait d’en garder pour courir. Dès le premier km, je sens que tout ça va être long et pénible mais je suis plutôt contente d’être là. Heureusement, parce que cette histoire va durer un peu plus de 5 heures. Record battu, donc, pour le plus long de mes 9 marathons, mais celui-ci est différent, on va dire que j’en bave raisonnablement et joyeusement.

Mon running partner trottine courageusement pendant 29 km puis me laisse finir en solo. Vu le volume de son genou quand je l’ai retrouvé, il était sans doute sage de s’arrêter là, même si j’avoue que je me suis interrogée de savoir pourquoi il ne finissait pas, après tout, il ne restait que 13 km et étant moi-même à la ramasse depuis le début, je ne voyais pas en quoi 13 km allaient poser un quelconque problème à quiconque. Bon, il a préféré sauver son genou, et il a eu bien raison ! J’ai donc continué mon petit bonhomme de chemin, le nez au vent, à remercier au passage les bénévoles, les musiciens et les spectateurs de leurs encouragements. Etant dans les derniers du peloton, je m’attendais à me sentir seule, triste et isolée, et bien pas du tout. Ma compote de jambes, en revanche, a un peu plombé mon mental, bon sang, voilà donc pourquoi les gens sensés font des préparations. Youpi …

J’ai retrouvé mon running partner sur le dernier km, mais à ce stade-là, les jeux sont faits : même en rampant, ce dont je n’étais pas loin, il fallait bien la finir, cette course. Donc voilà, j’ai la médaille, remise par le même adorable monsieur en chaise roulante que l’an dernier, et le très joli T-Shirt de finisher pour lequel j’ai bravé ces 42 km. Alors tiens, parlons performance, on est comment, quand on a battu son record du marathon le plus long en plus de 5 heures ? Franchement, je suis plutôt satisfaite (si, si !) : cette année, je n’aurais pas pu faire mieux vu mon état, et je n’ai pas non plus le sentiment d’avoir dépassé mes limites de façon inconsidérée. J’étais plutôt vaillante à l’arrivée, avec les guiboles en plomb, certes, mais souriante, causante et debout, contrairement à l’an dernier où j’avais passé une heure assise sur les marches du métro sans pouvoir mettre un pied devant l’autre.

Dernière étape de ce marathon, me réconcilier avec ma mère qui a appris le matin même que je courais et qui dans la foulée, a massacré mon père : il était dans la confidence depuis plusieurs semaines, donc il a ramassé une belle volée de bois vert ! Il n’y a que chez moi que 42 km causent des guerres dans la famille ? Bon, rassurez-vous, tout est rentré dans l’ordre … on va dire, jusqu’à l’année prochaine !

lundi 23 mai 2016

Semi-marathon de Göteborg 2016 : un vrai jour sans


J’ai débarqué à Göteborg, en Suède donc, pleine d’espoir, les yeux rivés sur tous les sites météo de la région. Le pire qui pouvait se produire, c’était un temps pourri bien suédois lors de la course, avec du froid, du vent et des trombes d’eau à l’horizontale (à cause du vent, donc). Jamais je n’aurais imaginé que le pire viendrait d’ailleurs. Donc comme la météo était encourageante, 15°C et pas de pluie annoncée au programme, tout allait bien.

J’ai passé une nuit d’avant course pas terrible, je ne dors jamais tout à fait aussi bien que chez moi dans un hôtel et en cette saison, il fait jour à 4 heures du matin, ça fausse les repères visuels : on a l’impression d’être super en retard dès l’aube alors qu’on a plein de temps devant soi, bref, on passe les dernières heures de la nuit à faire des bons devant le réveil. « Ah non, il reste encore … », remplissez le blanc avec « 3 heures », « 2 heures 30 », « 2 heures 10 » etc.

Du coup, c’est avec soulagement et appétit que je me suis enfilée un petit déjeuner sympathique avant de me préparer au départ, prévu pour moi à 14h02 (précis, donc) : thé, 2 petits pains, un peu de jambon fumé et de fromage, 3 petits biscuits … des trucs suédois que j’aime bien, mais un peu moins exotiques que le hareng trempé dans le café au lait. Jusque-là, tout allait bien. Il y avait une super ambiance dans la ville, une espèce d’effervescence un peu inhabituelle que certains qualifieront de joyeux bazar, mais pas tout à fait : les Suédois sont plutôt très bien organisés pour gérer la pagaille créée par un semi-marathon de plus de 60 000 participants.

Le départ sous le soleil m’a donné de l’énergie (en plus d’un coup de soleil  sur le front), et les montées dès le début du parcours, le premier pont « casse-pattes », les pavés, tout ça est passé plus que correctement. Je connaissais le parcours, je savais où étaient les difficultés, bref, rien d’insurmontable. J’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin à 10 km/h jusqu’au second pont, saluant au passage des collègues de ma boîte, venus nous encourager.

Et c’est là que tout s’est gâté : je suis passée au 15e km à 1h30 de course, allure stable, et quelques mètres plus tard, j’ai été littéralement clouée au sol par des crampes d’estomac bien pénibles, du style les intestins qui tricotent, le vilebrequin dans le bide, la catastrophe. Et ce d’autant plus que lorsqu’on commence à avoir ce genre de symptômes, en général, on enchaîne assez rapidement avec les jambes en coton et le brouillard autour du cerveau, et ça, ça n’avance pas à 10 km/h, je vous le garantis.

Donc la course, la vraie, a démarré pour moi à 15 km : et maintenant, on fait quoi ? On s’arrête pour récupérer un peu d’énergie ? On continue en marchant ? On essaie de courir quand même ? Je vous rassure, avec un cerveau réduit à l’état de fromage blanc, je n’ai pas philosophé pendant longtemps, chaque mètre de gagné était bon à prendre. Ma bravoure de vaillante soldate est même allée jusqu’à ne pas marcher, malgré mon envie de courir fertiliser un arbre. Et là, on reconnaît le mental de super compétitrice ! En fait simplement la peur de me ridiculiser devant 1400 coureurs de ma boîte … sans commentaire. Donc voilà, en 2 heures et 12 minutes dont 42 minutes de galère, j’ai passé la ligne d’arrivée en rampant, j’ai fait un joli sourire au photographe et j’ai poursuivi péniblement mon chemin avec mon estomac qui faisait « blurps » et mes intestins qui couinaient méchamment.

J’aurais quand même mis plus de 48 heures à récupérer un système digestif apte à avaler des florentins. Quant à ce qui m’a mise dans le pétrin : virus ? Bof. Ravito douteux ? Je n’ai pris que de l’eau. Intox alimentaire ? Je n’en sais fichtre rien, je penche peut-être pour l’intox. En tout cas, je suis très déçue de ne pas avoir pu profiter de ma course jusqu’au bout. J’ai battu mon record de vitesse sur le trajet arrivée de la course -« wawas de l’hôtel », j’aurais préféré le faire sur le finish du semi. C’est ballot, mais c’est le sport, ma brave Lucette ! Ca va me donner une bonne raison de remettre ça l’an prochain, tiens …

vendredi 18 mars 2016

Le retour de Stella à Bourg-en-Bresse (semi-marathon 2016)


J’avais presque promis qu’on ne m’y reprendrait plus et j’y suis pourtant revenue. Nostalgique des précédentes éditions du semi-marathon qui se déroulaient le samedi après-midi (vive la grasse matinée) sur un parcours vallonné dans la campagne bressane, j’avais détesté la nouvelle version ultra-roulante de l’an dernier, organisée le dimanche matin en grande partie dans la zone industrielle, et en compagnie des chasseurs de perf de la région. Et puis mon running partner s’est inscrit cette année, en guise d’entraînement disait-il, et j’ai suivi … pour l’entraînement aussi, me disais-je. Ceux qui me connaissent savent bien que le mot « préparation » ne fait pas partie de mon vocabulaire, c’est comme ça. Je me suis résignée à ne pas être la reine du chrono et à faire au mieux de ma forme du moment.

Nous voilà donc tous les deux, courageux runners tombés du lit, quelle horreur, pour nous rendre au départ, par un temps sec mais au combien glacial avec ce vent à décorner les bœufs et à faire rester les frileuses comme moi sous la couette. Déjà, l’organisation a bien progressé depuis l’an dernier : le retrait des dossards se fait assez rapidement, le T-Shirt blanc et vert est assez sympa, même si ce ne sont pas mes couleurs préférées, et je repars avec un T-Shirt jaune fluo en bonus. Je ne sais pas pourquoi, mais le jaune fluo, ça me donne la banane. Un bon point, donc. Le mauvais, c’est qu’il faut faire la queue pour aller faire une escale technique dans des WC chimiques peu appétissants, je vous passe les détails. C’est si cher que ça les locations de WC chimiques ? Non parce que deux ou trois de plus auraient été les bienvenus, et avec un système d’aspersion un peu plus efficace pour cacher la misère. Bref … un point à améliorer. Rien que d’y penser, je me sens tourner de l’œil.

La foule compacte des coureurs au départ me permet de ne pas mourir congelée sur place et de prendre la route, tranquillement à 10 km/h. Et c’est là que ce semi-marathon ultra roulant, rendez-vous incontournable des athlètes du coin, est un peu pénible pour une coureuse comme moi : pas complètement lente, mais pas parmi les plus rapides non plus, je me suis faite doubler pendant quasiment une heure et demi, et j’ai gratté quelques places à la fin, doublant ceux qui avaient eu un peu trop d’ambition sur le début de course. Je termine mon périple à 10 km/h tout juste en 2 heures, 6 minutes et 15 secondes. Pour quelqu’un qui n’a fait aucune préparation et qui tombe en miettes (c’est l’ostéo qui le dira le lendemain) suite à mon déménagement de fin février, je dirai que ce n’est pas mal. En revanche, je finis dans les profondeurs du classement sans me qualifier pour rien du tout, évidemment, mais comme disait Coubertin, l’essentiel est de participer, carpe diem !

Forcément passée parmi les derniers à tous les ravitos, je déplore un peu l’état des tables lors de mes arrêts : gobelets vides (au bout de deux attrapés vides, je commençais un peu à m’agacer), eau citronnée alors que je voulais simplement de l’eau … bon, j’ai avalé le citron mais ce n’est vraiment pas mon truc. En somme, il y a quelques améliorations à apporter pour ceux qui comme moi sont plutôt à l’arrière du peloton.

En résumé, si c’était à refaire, est-ce que je repartirais pour un tour dans la Bresse ? Franchement, j’hésite : c’est un parcours roulant, à faire à deux c’est sympa, ce n’est pas excessivement loin de chez moi, le T-Shirt jaune fluo est vraiment cool, la météo était potable … mais je suis plus nuancée sur le parcours. L’overdose de zone industrielle, ce n’est pas terrible. En plus, le réveil à l’aube le dimanche matin pour aller se perdre dans l’Ain quand on est lyonnaise, c’est très bof, et le classement de 900e et quelques sur 1000 alors qu’on a tenu le rythme honorable de 10 km/h, ça ne donne pas l’impression d’avoir assuré. Moralité : je vais m’en remettre à mon running partner pour l’an prochain. Si lui y va, peut-être que j’irai … pour agrandir ma collection de T-Shirts fluos !

mercredi 7 octobre 2015

4 heures et 50 minutes de galère au marathon de Lyon 2015


Autant le dire tout de suite, je ne suis pas du style à renoncer facilement. Toutefois, ayant durement pris conscience de certaines de mes limites dans mon passé de coureuse, j’étais prête à ne pas utiliser mon dossard du marathon du Run in Lyon 2015 sur la plus longue distance et à me rabattre le jour J sur le semi (version raisonnable) ou le 10 km (version minimaliste), voire même à rester au lit (version marmotte). Oui, oui, rester au lit, parfaitement, vous avez bien lu.

Il faut dire que 2015 fut une très belle année de running pour moi : le semi-marathon de Bourg en mars, le marathon d’Annecy en avril, le semi-marathon de Goteborg en mai, de quoi être sportivement comblée, je n’en avais jamais fait autant sur 6 mois. Tout ce qui viendrait en plus, ce serait donc du bonus, le tout dans un contexte plus que défavorable, jugez plutôt  : une semaine aux USA pour le boulot (décalage horaire compris dans le tarif) suivie d’une semaine intensive en Suède (météo bien pourrie incluse dans le prix), qui m’ont laissée complètement raplapla, sans compter que mes fidèles aponévrosites plantaires (les trucs qui couinent sous les pieds, au niveau des talons et des voûtes plantaires) se sont réveillées fin août et que le repos, les massages, glaçages et autres anti-inflammatoires ne sont pas parvenu pas à les déloger. Cerise sur le gâteau et roulement de tambour : pas de prépa spécifique, évidemment, seulement 3 sorties d’une heure par semaine en endurance. Un peu l’impression d’envisager l’ascension de l’Everest en tongs, mais bon, ceux qui me connaissent ont l’habitude …

Le jour J, après une très courte nuit, je me retrouve à peser les patates : y vais-je ou n’y vais-je pas, sachant que j’arrive à peine à poser les pieds par terre, que je rêve de finir ma nuit et que ma mère va finir par me tuer avec ces folies, j’imagine déjà ce que je vais ramasser. Je prends néanmoins la décision de participer, quitte à m’arrêter quand j’aurai le sentiment de dépasser les limites (vœu pieux, je suis une véritable bourrique). Je me dis que j’ai tout tenté pour soigner mes tendons donc 42 km de course à pied, ça ne pourra pas être bien pire, non ? J’emporte quand même un ticket de métro et un billet de 10 Euros dans ma ceinture de ravitaillement au cas où. Folle mais pragmatique, donc. C’est curieux, mais j’ai 7 marathons au compteur et la perspective d’épingler le 8e à mon palmarès me fait bien envie, c’est un joli chiffre, le 8, symétrique, bien arrondi ...



Revenons sur terre, l’attente dans le sas de départ est un véritable calvaire : je suis frigorifiée et je baille à m’en décrocher la mâchoire. Nous avançons finalement vers la ligne de départ à petites foulées et les pavés me crèvent déjà les voûtes plantaires, ça promet. Nous partons enfin et je réalise que je n’ai pas plus mal en courant. Ça me mettrait presque du baume au cœur à ce stade de la course.

Alors je vais vous épargner la litanie des km : au premier, ça va à peu près, au 10e je commence à tirer la langue, au 20e, je ne sais même pas si je vais avoir la force d’aller jusqu’au 21e … et au 41e, je suis à deux doigts de m’écrouler, heureusement qu’un autre coureur m’embarque avec lui sur la fin du parcours, sinon, j’aurais fini comme le petit lapin de la pub pour les Piles Duracell, quand la pile concurrente se vide entièrement et que le pauvre lapinou tombe inanimé à la renverse. La référence télé date un peu, mais ça vous donnera une idée de l’état de la bête sur les derniers mètres de la course.

C’est la première fois que j’ai le sentiment d’avoir été chercher si loin aux limites pour finir un marathon. J’avais les pieds douloureux au départ, je savais que ça allait me suivre sur toute la course et je me forçais à ne pas y penser en me disant que j’avais fait le choix de courir malgré les tendinites, donc moralité « Arrête d’y penser, tu as déjà décidé de courir dessus, cesse de te prendre le chou avec ça. ». Le manque d’énergie, par contre, je l’ai ressenti comme une grosse batterie qui se vide irrémédiablement : la vitesse se réduit, le mental prend le relais pour essayer de maintenir l’allure, mais très vite, il ne peut plus rien faire non plus, il ne reste presque plus de jus, ou alors un tout petit peu mais il faut aller vite car il arrivera un moment où je sais que n’avancerai plus du tout. Tout ça pendant 4 heures et 50 minutes, mon pire temps sur la distance. Je n’allais pas me qualifier pour les JO de Rio 2016 sur cette course mais j’enrage quand même de ne pas avoir réussi à faire mieux. Butée comme un âne et jamais contente, le top.

Inutile de préciser que je n’ai pas trop eu le temps d’admirer le paysage, pourtant fort joli sur ce nouveau parcours : terminé, le périple interminable du Parc de la Tête d’Or des années précédentes, fini, l’aller-retour sur les quais du Rhône juste avant l’arrivée. Vraiment, chapeau aux organisateurs, le parcours était vraiment bien construit, la météo était en plus très favorable mais la pointe de mes Brooks Glycerin 12 est quasiment la seule chose que j’ai regardée pendant mon chemin de croix. Non, il y a autre chose, les panneaux des km aussi, pour me dire « Yes ! Plus que 27 km, yeehaa ! ». J’étais toujours debout, alors devant chaque panneau, j’ai continué, je ne voyais pas quelle bonne excuse invoquer pour m’arrêter en si bon chemin.

Au terme de cette laborieuse épopée, équipée de ma médaille et de mon T-shirt de finisher, j’ai rampé jusqu’à la tente de mon entreprise, félicité au passage un collègue pour son premier marathon, et je vais faire simple : je suis tombée comme une masse. Impossible de marcher. Je suis restée ainsi pendant une bonne heure assise sur une table, puis sur les marches du métro avec mon collègue de covoiturage pour compagnie, incapable de parcourir à pied les quelques mètres me séparant du quai et de la rame. Il nous est passé au moins 20 métros sous les yeux ! Il a aussi fallu un treuil pour me monter au 4e étage (sans ascenseur) de mon immeuble. Liquéfiée, ratiboisée, anéantie, naze. Alors je vous rassure, j’ai très vite retrouvé mes esprits après deux paquets de Florentins avalés avec appétit, mais quand même, j’ai eu vraiment du mal à remettre la machine en mouvement alors que d’habitude, je finis assez fraîche, du style « Tu aurais pu gagner une demi-heure, tu ne t’es pas crevée ». Là, non, il ne restait plus un gramme d’énergie, juste une espèce de fierté espiègle d’avoir vaincu l’adversité et … d’avoir atteint le fameux chiffre 8 !

Ce que cette course m’a appris, c’est qu’on ne connaît jamais ses limites a priori, on les découvre en route. Paradoxalement, j’ai eu plaisir à courir ce marathon parce qu’il m’a donné de la confiance et de l’énergie. Cela ne m’arrive pas souvent, mais j’ai vraiment cru en moi, j’ai été comme spectatrice d’une course où j’ai vu une nana déterminée ne rien lâcher et ça m’a plu de devenir ainsi mon « héroïne » à mon tout petit niveau. Au Run In Lyon, cette année, j’ai rencontré quelqu’un de chouette, et ce quelqu’un, c’était moi. Bon, un peu aux limites de la folie furieuse, la fille, mais c’est son charme.

Je remercie mes parents pour les SMS de motivation après le 32e km, ils m’ont donné des ailes, et surtout Maman qui a découvert le jour même que j’avais chaussé les baskets pour faire des extravagances et qui ne m’en tient pas rancune, ouf.

PS : mes tendons se sont parfaitement rétablis 48 heures après la course, zéro bobo, plus aucune courbature, tout baigne. A bientôt pour d’autres aventures !


jeudi 11 juin 2015

My 21.1 kilometer journey in Sweden: the 2015 Goteborgsvarvet (version française ci-dessous)


If for you, Sweden is all about moose hunting, Kanelbullars and long and sad winters without any light, you will need to somehow change your point of view. Sweden is also the land of sports: whether they are old, young, tall, small, thin or a little bit chubbier, the Swedes exercise and most of them run. Thus, every year, Gothenburg organizes the biggest half-marathon in the world in terms of number of participants (about 64,000, no less !) and believe me, the Swedes know how to celebrate this event, let’s see …


I had had this race in the back of my mind for some time but I was not supposed to run it this year. A last minute withdrawal enabled me to obtain a bib as I was still recovering from my Annecy marathon and that I had no other short term project than to eat chocolate cookies and maybe think of another race after summer vacation. And suddenly, what a challenge, I had the opportunity to run a grand slam: Bourg en Bresse half marathon in March, Annecy marathon in April and Gothenburg half marathon in May. Of course … just do it, ask my tendons if they can agree to this craziness. To be completely honest, when I told my Dad, he threw up his arms in the air and my Mom screamed. Stella running several races in a row is just not a normal phenomenon in our family.

This being said, between the 2 options: politely declining and grumbling when the bib would be offered to another person that would just jump on it, or accepting and committing to run these 21 kilometers taking it easy, without any pressure and quietly listening to my squeaky body, I chose option 2. And I found myself combining a business trip and a new running adventure.

The Swedish organization will remain as one of the highlights of the week-end. Of course, since 1980 they have had plenty of time to enhance it: 5 minutes to get the bib, the chip, the T-Shirt and the socks … and one hour to do some shopping in the exhibition hall, that’s the way it was, I could not resist. End result: some running tights and a T-Shirt, I was kind of reasonable is some way, because I did not buy any pair of shoes, although there were hundreds waiting for me.

On the day of the race, together with my bodyguard who had also benefited from a last minute bib, I took the tramway, already packed with runners going to the place where the race would start. Technical break, bags dropping, short walk to reach the corral, everything went well, in a good mood, no waiting time and no stress: I told you, the Swedes can really manage the organization of a race. And then we started jogging under a clear blue sky, beautiful sunshine and a wind that could have blown off all the horns of the local bulls if there were any. Let’s go for a guided tour of Gothenburg.

Right from the start, I knew it would be something: we started running uphill and even if my legs appeared to be working well, I kind of prevented myself from running faster than 10km/h, which is my usual speed when training on flat ground. This was only the beginning of the adventure and it would be too bad to end up totally burnt out after a few kilometers, the more so as we soon attacked the first bridge of the race. A long climb swept by a strong wind, followed by an incredible descent that reminded me how important it is to have a good pair of quadriceps muscles if you don’t want to end up directly into the river. I started to think that they were really going to kill me with this route. Fortunately, an incredibly big crowd was giving us tons of energy, screaming “Heja !” as we passed by. If you have no clue how to cheer for runners, go to Gothenburg, they will teach you and you will not be disappointed !


The never-ending fall to the docks brought us back to some flat ground for a few kilometers but it was only a matter of time until we reached the second bridge that was obviously waiting for us. Here we go again, the roller coaster …with the wind as a bonus ! Swedes must be bored to death on flat ground: the last portion of the race was a never-ending sequence of uphill slopes, false flats, ascents, small descents combined with a rather narrow path. I had to elbow my way through a bunch of runners: it seems Swedes have some good fighting spirit as well ! Nothing was left out, not even the field of wet sponges that runners had thrown away on the road and I must say that paddling on buttered bread was quite tricky. I had a hard time maintaining my 10 km/h speed at the end of the race, even if I somewhat got angry and increased my pace on the last kilometer:  I was definitely looking forward to finishing and eventually grabbing this amazing medal that all my colleagues had been talking about.

After one last lap in the stadium with the ovation of the crowd as background music, I finished in 2 hours, 7 minutes and 7 seconds. I was not even tired. Let’s go for another one right away? Maybe not, but I was a bit frustrated that I had not put the pedal on the metal. As you can see, I forget my good resolutions rather quickly, especially when it is about being cautious, reasonable and so on. 24 hours after the race, nothing was hurting me, my tendons were in like-new condition, so no hesitation, I will need to be back to challenge myself a bit more. But not this time, the most important was to protect myself and have fun, and that is definitely mission accomplished. I am super happy and my tendons too.


Here we are, for me the Goteborgsvarvet is over for this year, but if I need to convince you once more that you must definitely go there:

  • The weather is always awesome on the day of the race (that’s what the Swedes will tell you !)
  • The organization is great
  • The medal is top notch
  • The crowd cheering for the runners, this will give you wings : you will not run, you will fly, I promise
  • Sightseeing in Gothenburg is really worth it
  • It is one of the biggest races in the world
And last but not least, you will be able to eat tons of Kanelbullars after the race … now you follow me, right ?